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L’importance des changements climatiques

Comment les facultés de médecine peuvent-elles aider les futurs médecins à surmonter le plus grand défi de notre époque?

Biologie cellulaire, immunologie, biochimie, génétique, anatomie… La liste des matières incontournables à étudier semble interminable. Mais tous ces sujets sont essentiels à votre future carrière : c’est la fondation sur laquelle reposera votre capacité à pratiquer la médecine, un apprentissage qui vous fournira les outils nécessaires pour bien traiter les dossiers de santé majeurs à venir.

Et les changements climatiques seront vraisemblablement le plus important dossier des prochaines années.

Lorsqu’on aborde le sujet, c’est souvent dans le contexte de l’environnement : on décrit les effets du phénomène sur l’atmosphère, sur la nature. Mais ces changements imposent également un lourd sacrifice pour la santé humaine partout dans le monde. Comment pourrait-il en être autrement? Nous respirons cet air vicié, vivons dans ces environnements pollués. Dans ce contexte, que peuvent faire les médecins de demain pour se préparer aux problèmes créés par les changements climatiques? Et quelle aide les facultés de médecine peuvent-elles leur offrir?

Certains dangers des changements climatiques pour la santé publique sont évidents. Les vagues de chaleur dans les grands centres urbains sont dévastatrices pour les populations vulnérables et âgées (les climatologues ont confirmé que juillet 2019 a été le mois le plus chaud jamais enregistré). Depuis quelques mois, l’Inde étouffe sous un smog toxique. Mais certains effets du phénomène sont plus insidieux. Les pénuries de nourriture et d’eau potable dues aux inondations et aux sécheresses peuvent entraîner des problèmes de santé chroniques, et les changements de températures peuvent favoriser la propagation des maladies infectieuses. Par ailleurs, en plus de la menace physique immédiate posée par les événements météorologiques extrêmes, leur passage peut également ravager la santé mentale et physique des populations.

Il faut se rendre à l’évidence : les changements climatiques affectent notre santé.

Au fil du temps, les facultés de médecine ont su s’adapter à de nombreux changements; maintenant, elles devront apprendre – rapidement – à composer avec la dure réalité des changements climatiques. La bonne nouvelle, c’est que des groupes d’étudiants des quatre coins du monde ont déjà une longueur d’avance : ils sont pleinement conscients de la nécessité d’intégrer le sujet au programme médical. Ici, la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine (IMFSA) et la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada (FEMC) font campagne en ce sens.

Mais comme vous le savez, votre horaire est déjà surchargé. Comment trouver de la place pour un nouveau sujet? Dans un article récent, Anna Goshua, étudiante en médecine de l’Université Stanford, avance quelques suggestions :

« Les quatre ans du programme d’études en médecine se prêtent bien à la promotion d’une culture écomédicale axée sur la durabilité. Pendant la formation préclinique, on pourrait par exemple relier le climat à la pathophysiologie en étudiant son influence sur les maladies cardiovasculaires. Un cours sur les politiques de la santé offrirait l’occasion de discuter des mesures à prendre et permettrait aux étudiants de s’impliquer. Durant l’internat, on pourrait apprendre à repérer les patients particulièrement vulnérables aux effets des changements climatiques et à communiquer avec eux, ainsi qu’à diagnostiquer et à prendre en charge les troubles de santé physique et mentale associés au phénomène. »

Certaines facultés de médecine des États-Unis – dont celles de l’Université du Minnesota et de l’Université de la Californie – ont déjà commencé à aborder le climat dans leurs cours actuels (p. ex., exercices diagnostiques sur les troubles respiratoires associés aux feux de forêt), mais celles du Canada en sont toujours à l’étape de déterminer le meilleur moyen d’intégrer le sujet à un horaire plein à craquer.

Le groupe de défense du climat de la FEMC, HEART (Health and Environment Adaptive Response Task Force), demandera aux étudiants de toutes les facultés de médecine du Canada de donner leur avis sur la formation climatique offerte dans leur programme; il utilisera ensuite ces données pour évaluer la façon dont sont abordés les changements climatiques.

De la pollution atmosphérique aux pénuries de nourriture et d’eau en passant par les catastrophes naturelles, la liste des problèmes de santé internationaux associés aux changements climatiques est longue – et, malheureusement, elle ne cesse de s’allonger. Quelle que soit l’approche choisie pour intégrer le sujet à la formation médicale, les médecins de demain sont particulièrement bien placés pour s’y attaquer de front – en tant que formateurs, militants et fournisseurs de soins.