Rendez-vous sur le terrain

June 12, 2018 Dr Paul Dhillon

Cet article a originalement été rédigé en anglais; son contenu et ses nuances pourraient ne pas être rendus parfaitement par la traduction.

Des avantages insoupçonnés pour les membres de l’équipe canadienne de soccer des médecins

Je déteste voir atterrir des pourriels dans ma boîte de réception, mais je dois admettre que, sans un de ces petits indésirables, l’équipe canadienne de soccer des médecins n’aurait peut-être jamais vu le jour.

Le pourriel en question me provenait d’une revue médicale de l’Irlande, où j’ai fait mes études de médecine. Elle affichait une photo de l’équipe irlandaise de soccer, qui rentrait tout juste des États-Unis après avoir participé au championnat mondial de soccer des médecins, le World Medical Football Championship.

Rien n’aurait pu m’arrêter; j’étais investi d’une mission!

Je suis donc tout de suite parti à la recherche des organisateurs de l’équipe canadienne dans l’espoir de me tailler une place au sein de l’équipe et de réaliser ainsi mon rêve de défendre les couleurs du Canada à l’échelle internationale. Je n’ai cependant pas tardé à constater que les médecins canadiens n’avaient pas d’équipe officielle de soccer. Je n’allais toutefois pas me laisser abattre. Rien n’aurait pu m’arrêter; j’étais investi d’une mission! J’ai commencé à recruter d’autres médecins, mon objectif étant de mettre sur pied une équipe pour le championnat de 2016, qui devait se tenir à Barcelone, en Espagne.

C’est ainsi que, la première année, j’ai réussi de peine et de misère à réunir une équipe de 23 médecins canadiens provenant des quatre coins du pays. Nous nous sommes envolés pour l’Espagne, où nous avons eu la chance inouïe de chanter l’Ô Canada sur le terrain avant d’affronter l’Australie, la Corée du Sud et même la puissante équipe du Royaume-Uni. Au premier match, le réveil a toutefois été brutal. En parfaits inconnus, nos joueurs se sont lancés sur le terrain, forcés d’apprendre à jouer ensemble à la volée. Au cours de cette première semaine, j’ai vu l’équipe prendre corps, grandir et commencer à travailler ensemble : une expérience incroyable!

Notre équipe a terminé en 14e position sur les 24 équipes participantes. Pas mal pour une équipe qui, un an auparavant, n’existait pas encore!

Néanmoins, ce n’est pas tant notre classement à l’issue du championnat que la possibilité de rencontrer d’autres médecins de partout au Canada, de créer des liens et d’établir des mentorats informels qui a rendu cette occasion exceptionnelle. En temps normal, il n’est pas facile d’interagir avec d’anciens présidents d’associations médicales provinciales ou encore des chefs de départements de médecine ou d’unités de soins intensifs. Cependant, quand vous avez couru côte à côte sur le terrain, ce genre de liens se tissent et se resserrent plus aisément.

Qui plus est, le championnat mondial de soccer constitue un lieu extraordinaire où rencontrer des médecins de partout dans le monde, soit des gens avec qui nous partageons une passion non seulement pour le soccer, mais aussi pour la médecine. Par ailleurs, le championnat comporte un important volet éducatif. En effet, les joueurs ont l’occasion d’assister tous les matins à un colloque international sur le sport et la santé, qui en sera à sa 24e édition cette année.

Pour réussir et être comblé par la vie, il faut trouver le juste équilibre entre sa passion pour la médecine et ses passions personnelles.

L’équipe du Canada en est à sa troisième participation à des tournois : championnats mondiaux en Espagne (2016), puis en Autriche (2017), et coupe des Amériques à Cancún, au Mexique (2018). De plus, elle se prépare en vue du championnat mondial 2018, qui aura lieu à Prague.

Quelle expérience gratifiante que d’avoir mis sur pied cette équipe et de donner la chance à des médecins de partout au Canada d’en faire partie! Le soccer permet aux médecins de concilier vie personnelle et travail et de laisser libre cours à une passion en marge de la médecine, passion qui peut servir de source de motivation tout au long de leur carrière. Je crois que nos joueurs font figure de modèles pour les jeunes médecins, qui redoutent peut-être les sacrifices qu’ils auront à faire sur le plan personnel pour survivre à leurs études en médecine et à la résidence.

Pour réussir et être comblé par la vie, il faut trouver le juste équilibre entre sa passion pour la médecine et ses passions personnelles. Voilà précisément ce que l’équipe canadienne de soccer des médecins nous permet, à moi et à une foule d’autres, d’accomplir.

Le Dr Paul Dhillon aime combiner médecine et voyages. Il lui arrive ainsi de voyager dans le cadre de sa double fonction de directeur et de joueur pour l’équipe canadienne masculine médicale de soccer, et de se rendre par la même occasion dans des zones touchées par l’épidémie d’Ebola pour exercer son métier. Lorsqu’il ne voyage pas pour affaires, il aime retourner en Irlande en compagnie de sa charmante épouse, originaire de ce pays, pour se remémorer des souvenirs de ses études en médecine tout en savourant une Guinness avec de bons amis.

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