Quel type de médecin aimerais-je devenir lorsque je serai grand?

October 28, 2019 Niem Huynh, PhD, PPCC

Cet article a originalement été rédigé en anglais; son contenu et ses nuances pourraient ne pas être rendus parfaitement par la traduction.

Comment tracer votre parcours professionnel en posant des questions et en créant des contacts

Peu de voies de formation vous conduiront plus directement vers un avenir professionnel que les études en médecine. À première vue, ce choix de carrière peut sembler limitatif. Mais en réalité, la profession médicale offre de nombreuses possibilités, diverses et uniques, qui dépassent largement le cadre clinique ou hospitalier. En effet, un médecin peu entre autres évoluer dans l’univers du sport professionnel, travailler pour l’Organisation mondiale de la santé et mener des initiatives complémentaires en santé.

Alors, comment les étudiants en médecine et les médecins en exercice peuvent-ils choisir le bon parcours?

Commençons par le cas de la Dre Bose, omnipraticienne à Toronto. La docteure se fait un point d’honneur de consacrer le temps nécessaire à chacun de ses patients. Après avoir occupé le même poste pendant plus de cinq ans, elle s’est mise à chercher un travail semblable dans d’autres cliniques et, jusqu’à présent, le processus s’est avéré lent et éprouvant. La Dre Bose m’a donc consultée, en ma qualité de coach de vie, pour savoir si son poste de rêve correspondait à ses valeurs. Voici donc un extrait d’un entretien qui résume bien quelques-unes de nos séances de coaching :

COACH

Qu’est-ce qui vous préoccupe aujourd’hui?

DRE BOSE

Je cherche une nouvelle clinique de médecine familiale où exercer, et je pense en avoir trouvé une qui me convient.

COACH

Dites-m’en plus.

DRE BOSE

Je souhaite travailler dans une clinique où le mode de facturation n’est pas déterminé par le nombre de patients que je vois en une journée. Il est important pour un médecin de gagner la confiance de ses patients, si bien que je prends le temps de poser des questions et d’écouter attentivement. J’ai trouvé un poste de suppléance qui semble répondre à ces critères. J’ai rencontré à quelques reprises le médecin-chef, le gestionnaire de la clinique et la médecin qui s’apprête à prendre sa retraite, et nous avons échangé de nombreux courriels. Cependant, j’ai l’impression que la médecin n’est pas prête à quitter ses fonctions. Je l’ai senti dans sa réticence à fixer une date de départ, ce qui m’empêche d’aller de l’avant (il est important que mes patients connaissent la date de mon dernier jour de travail dans ma clinique actuelle).

COACH

Pourquoi est-ce si important en ce moment?

DRE BOSE

Au départ, nos conversations étaient très positives, mais au fil des rencontres, la situation est devenue de plus en plus ambiguë et incertaine. Tous ces échanges sans le moindre engagement me font perdre mon temps, et je n’aime pas qu’ils apportent des changements à des points sur lesquels nous nous étions déjà entendus. Je ne pense pas vouloir poursuivre l’affaire, car j’ai le pressentiment que la médecin qui devait partir à la retraite n’est pas prête à quitter la clinique.

COACH

Quelle serait la solution idéale?

DRE BOSE

En fait, ce n’est peut-être pas le moment de m’engager à travailler pour une clinique. Je viens à peine d’amorcer ma recherche d’emploi, et je me rends compte que je devrais voir d’autres cliniques pour pouvoir comparer les offres. Ce qu’il me faut maintenant, c’est étudier les possibilités de suppléance afin de bien connaître toutes mes options.

COACH

Comment pourriez-vous en arriver à cette solution?

DRE BOSE

J’ai parlé à des gens du milieu de la médecine familiale pour savoir quelles étaient les possibilités de suppléance. C’est un bon début. En fait, j’étudie déjà les postes offerts, qui sont rarement affichés mais que je découvre grâce à mes contacts. Pour le moment, ce que je retiens, c’est que je dois réseauter et poser des questions. Par exemple, je veux connaître le milieu de travail, les membres de l'équipe avec lesquels je collaborerai étroitement et les valeurs de la clinique.

Dans mon dernier article de coaching, je soulignais l’importance de se poser les bonnes questions. La Dre Bose et moi avons donc dressé une liste de questions qu’elle devrait se poser avant de rencontrer des collègues potentiels. En voici quelques-unes :

  • Qu’est-ce que je veux retirer de mon nouvel emploi?
  • Comment saurai-je si j’ai atteint mon but?
  • Qui, dans mon réseau, peut m’en dire plus sur les possibilités en médecine familiale?
  • Dans quel milieu de travail pourrais-je m’épanouir?

Alors qu’une personne comme la Dre Bose doit entreprendre une réflexion personnelle, d’autres médecins, comme la Dre Sohani, résidente de première année en médecine interne, doivent poser des questions aux membres de leur réseau.

Lorsqu’elle était étudiante de premier cycle, la Dre Sohani était captivée par la biostatistique et ses applications en recherche, particulièrement en médecine. Après l’obtention de son premier diplôme d’études supérieures, elle a travaillé avec des épidémiologistes à la conception d’études cliniques à grande échelle. Elle s’est alors intéressée à l’épidémiologie et a entrepris un doctorat dans ce domaine. Grâce aux encouragements d’un mentor et après avoir étudié attentivement son cheminement clinique, elle a commencé à envisager sérieusement une carrière en médecine.

La Dre Sohani a sciemment bâti sa carrière en cumulant les expériences et en saisissant les occasions qui se présentaient. Voici les cinq éléments qui ont servi à façonner son parcours professionnel, qu’elle décrit comme un marathon plutôt que comme un sprint :

1.    Mentorat

Trouvez-vous des mentors qui savent parler avec franchise des défis et des qualités nécessaires pour réussir en médecine. La Dre Sohani a trois mentors, chacun possédant une expérience unique dans différents domaines médicaux.

2.    Réseautage

Soyez curieux et posez des questions. Les gens sont de véritables puits d’information et se font généralement un plaisir de vous transmettre leurs connaissances. Assurez-vous de parler à des professionnels de la médecine aux points de vue divergents.

3.    Autonomie

La Dre Sohani a essentiellement créé son propre programme de doctorat en médecine, ce qui a véritablement enrichi son expérience et son réseau universitaire. Son cheminement est le produit de sa curiosité et de ses intérêts. Elle s’évite ainsi toute pression supplémentaire.

4.    Engagement

Engagez-vous dans la communauté. La Dre Sohani a demandé au doyen du programme de doctorat en médecine si elle pouvait participer à la vie étudiante, comme les séminaires bihebdomadaires sur les sujets de thèse des doctorants, les activités sociales, ainsi que les conférences sur le jumelage des résidents et les carrières universitaires.

5.    Multipotentialité

Trouvez-vous des intérêts et des passe-temps sans aucun lien avec le travail. Ainsi, vous aurez de nouvelles occasions de vous démarquer. La Dre Sohani, qui a aussi une passion pour l’écriture, a rédigé un article pour le Globe and Mail sur son parcours en médecine et son processus de réflexion.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a plus d’une façon d’explorer les possibilités de carrière en médecine. Les questions, la collecte d’information et la création de contacts font partie intégrante du processus d’exploration qui a permis à la Dre Bose et à la Dre Sohani de tracer leur parcours professionnel. À quoi ressemblera le vôtre?

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