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Mon parcours atypique en médecine

La fin du mythe du candidat stéréotypé en médecine.

Lorsque vous pensez à un candidat en médecine typique, vous imaginez sûrement un étudiant brillant, qui reçoit toujours d’excellentes notes et qui planifie sa carrière en médecine depuis qu’il sait lire. Bien que beaucoup de candidats correspondent à cette image, ce n’est pas le cas pour tous. Je sais que plusieurs personnes qui pensent étudier en médecine ne se reconnaissent pas dans ce stéréotype et qu’elles hésitent donc à poser leur candidature. Tout comme moi, elles se demandent si elles sont vraiment le genre de personnes qui peuvent être acceptées dans ce programme.

Eh bien, j’ai eu ma réponse. Oui, je suis qualifié pour étudier en médecine! Et ce, même si je ne corresponds pas au candidat typique. Voici mon histoire :

J’ai deux jeunes enfants âgés respectivement de 2 mois et 7 ans. Les gens me demandent donc souvent comment je fais pour être à la fois parent, étudiant en médecine et impliqué dans ma communauté. Je ne sais jamais comment répondre à cette question. Il est vrai qu’être parent n’est pas une tâche facile. Toutefois, je suis incapable d’imaginer étudier dans le domaine sans eux. Ils m’ont tellement appris et je ne serais pas où je suis aujourd’hui sans leur soutien.

Ma conjointe Sarah et moi sortions tout juste de l’école quand nous avons appris qu’elle était enceinte. Nous avions à peine 18 ans. À l’époque, je vendais des meubles dans un coin rural de la Saskatchewan et Sarah travaillait comme serveuse dans un restaurant familial de la région. Nous étions terrifiés à l’idée d’avoir un enfant. Nous n’avions pas d’argent de côté et nous ne savions pas quoi faire de nos vies. Après y avoir longuement réfléchi, nous avons décidé que je devais retourner aux études afin de « faire quelque chose de ma vie » et d’assurer un futur stable à notre fils.

Mon parcours commence à la Saskatchewan Polytechnic, un petit collège où j’ai découvert mon amour de l’école et obtenu un certificat dans le domaine des affaires. Grâce aux encouragements et au soutien de Sarah et de ma famille, j’ai ensuite fait le saut et je me suis inscrit à l’Université de Régina, où j’ai complété, en 5 ans, un baccalauréat en kinésiologie.

Pendant mes études en kinésiologie, j’ai passé un an au Canadian Memorial Chiropractic College de Toronto. C’est à ce moment j’ai commencé à penser étudier en médecine. Je n’avais jamais considéré la médecine comme une option valable auparavant. Pour quelqu’un avec mon parcours, ça semblait tout simplement hors de portée. Je connaissais quelques personnes qui avaient choisi d’aller en médecine après l’école secondaire, mais nous n’avions jamais parlé de ce genre de chose avec ma famille. De plus, avec un jeune enfant à charge, ça semblait carrément impossible.

Il est bien vrai que, depuis que j’étudie en médecine, nous avons dû faire des sacrifices. J’ai été absent lors de certains événements et je passe beaucoup de temps loin des gens que j’aime. Toutefois, nos liens familiaux sont plus forts que jamais et nous continuons de les renforcer chaque fois que nous surmontons un obstacle. Nous passons peut-être moins de temps ensemble, mais nous chérissons tous les moments que nous avons. Si je ne pouvais pas voir ma famille en rentrant chaque soir et si elle n’était pas là pour me pousser à continuer lorsque j’ai envie d’abandonner, je ne serais pas où je suis aujourd’hui.    

Le message que je veux vous transmettre est simple : pour réussir en tant qu’étudiant en médecine, pas besoin d’être le candidat modèle que tout le monde (vous y compris) s’imagine.

Certains éléments de votre vie personnelle et de votre parcours, que d’autres considèrent comme des désavantages, peuvent faire de vous un bon étudiant. Pour ma part, être parent m’a bien servi. Alors que je continue à avancer, c’est le fait d’être parent qui m’aidera à prendre soin de mes patients d’une tout autre façon. 

 

Lucas King

Étudiant en médecine à l’Université de la Saskatchewan, Lucas King obtiendra un MBA cette année et entrera en 3e année de médecine en 2021. Lucas a également été élu au poste de directeur des affaires étudiantes à la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada et siège au conseil d’administration de la Saskatchewan Weightlifting Association. Dans ses temps libres, il aime jouer aux jeux de société, lire des romans fantastiques et passer du temps avec ses deux enfants. Par ailleurs, il manifeste un intérêt particulier envers tout ce qui a rapport aux châteaux, aux dragons et à la magie.