Entretien avec le Dr Mitchell Abrams, médecin, musicien et pédagogue

June 19, 2019 Dr Mitchell Abrams

Cet article a originalement été rédigé en anglais; son contenu et ses nuances pourraient ne pas être rendus parfaitement par la traduction.

Histoire d’un radiologiste qui a soudainement vu sous un angle différent le monde des soins de santé et s’est donné pour mission de propager sa vision.

Votre parcours dans l’univers occidental des soins de santé est plutôt unique. Comment êtes-vous devenu médecin?

« J’ai toujours eu de l’intérêt pour les sciences. Mon grand-père, décédé avant ma naissance, était scientifique. À défaut de l’avoir connu, le simple fait de savoir ce qu’il avait accompli, de connaître ses intérêts a suffi à m’attirer vers les sciences. À un certain point, comme certains de vos lecteurs, je suis arrivé à la croisée des chemins : poursuivre ma carrière dans le monde universitaire et me concentrer sur la recherche, ou devenir médecin. L’idée de rédiger et de publier constamment des articles savants ne me plaisait pas outre mesure. Je suis en effet un être social qui aime le contact avec les gens. J’ai donc choisi de devenir médecin. »

Comment en êtes-vous venu à la radiologie? Cette spécialité vous a-t-elle toujours intéressé?

« La radiologie n’était pas mon premier choix. J’aspirais plutôt à une carrière d’urologue. Je me voyais bien dans la peau d’un chirurgien. Ironiquement, au tout début de mes études, on m’avait conseillé de me diriger vers la radiologie, mais je me voyais à tort enfermé dans une salle sombre toute la journée. Puis, j’ai effectué de la recherche avec un urologue, ce qui m’a permis de connaître des résidents en urologie et de tisser avec eux des liens d’amitié. Ils m’ont beaucoup appris et j’ai donc décidé de poursuivre dans cette voie. Lorsqu’est arrivé la période de jumelage CaRMS, j’ai dû expliquer par écrit les raisons pour lesquelles j’avais choisi l’urologie. Je n’arrivais pas à formuler une réponse. Je ne trouvais aucun argument justifiant que je consacre une vie entière à cette discipline. Je faisais alors partie d’une équipe de radiologie élective, mon premier véritable contact avec la radiologie, un défi que j’ai adoré. J’ai toujours beaucoup aimé la physique et la technologie, deux ingrédients fondamentaux de la radiologie. La diversité du travail d’un radiologiste m’attirait aussi. La plupart des médecins spécialistes ont un champ d’exercice relativement étroit et possèdent des connaissances extrêmement pointues. J’aime beaucoup le large éventail de connaissances qu’exige la radiologie pour être en mesure de communiquer avec pratiquement tous les spécialistes, à leur niveau. J’adore cette variété. Le choix d’une spécialité est assez aléatoire; on ne sait jamais vraiment où l’on aboutira. Il faut faire preuve d’ouverture. La médecine est une profession dont certaines des multiples ramifications peuvent échapper au premier regard et qui pourtant constituent peut-être votre parcours idéal. »

À quel moment votre carrière a-t-elle pris un tournant déterminant?

« Après mon stage postdoctoral, à ma première année d’exercice, j’ai appris que je souffrais de cardiomyopathie obstructive hypertrophique et que je devais subir une myomectomie, une opération à cœur ouvert. Devenu patient, j’ai vu les soins de santé sous un angle différent et j’ai acquis une compréhension plus profonde de notre modèle de soins. Je suis soudainement devenu pleinement conscient de l’étroitesse de la vision qui sous-tend l’étude de la médecine. Nous nous concentrons surtout sur le modèle biomédical et nous sommes très peu réceptifs aux aspects mentaux de la santé d’une personne. En tant que professionnels de la santé, nous donnons des soins qui s’appuient sur une définition très étroite de ce qu’est la santé. J’ai aussi été étonné de voir l’état de santé des personnes qui me soignaient et la lourdeur de la charge de travail du personnel hospitalier. Ces gens étaient épuisés. J’ai ressenti leur fatigue et j’ai commencé à comprendre l’ampleur de leur souffrance. J’ai vécu de l’intérieur les faiblesses de notre système de santé. J’ai été témoin de toutes ces choses que les médecins ne voient jamais, mais auxquelles se heurtent sans cesse les patients. Cette expérience m’a éloigné des espaces convenus et m’a forcé à réviser ma perception des choses et mon rôle de professionnel de la santé. »

Le Dr Mitch Abrams parle de la convergence entre science et spiritualité à la conférence de Toronto, 2019.

En quoi cette expérience a-t-elle modifié votre situation à votre retour au travail?

« Environ un an après l’intervention chirurgicale, j’ai été nommé chef de mon département. Je devais superviser du personnel et prendre de grandes décisions. J’ai trouvé la situation tellement ironique. Après avoir vécu le contrepied de la médecine, je la voyais désormais en contreplongée. Ayant examiné de visu notre système sous tous les angles, j’ai compris à quel point notre approche est désuète. La situation actuelle des soins de santé est préoccupante. J’ai voulu apporter ma contribution. J’étais convaincu qu’il existait une meilleure manière de travailler. Je me suis donc mis en quête de solutions inédites. Je me suis rendu en Inde, car j’étais intéressé par une approche plus holistique de la médecine. J’y ai rencontré des swamis (des maîtres spirituels de haut niveau) et suivi leurs enseignements. J’ai tissé des liens avec des communautés spirituelles et tenté de comprendre leur perception plus globale de la santé et du mieux-être dans un contexte où l’esprit occupe autant de place que le corps. »

Qu’est-ce qui vous a surpris le plus?

« Tous ces maîtres spirituels avaient des connaissances poussées en physique et en mathématiques, et bon nombre d’entre eux avaient même un diplôme de deuxième ou de troisième cycle en physique. Au départ, j’ai été décontenancé, mais j’ai finalement commencé à comprendre la vérité fondamentale que tout est énergie : la lumière, la gravité, la matière (même les pensées), la conscience. Plus vous comprenez ce qu’est l’énergie et acceptez cette réalité, plus vous pouvez l’utiliser (ainsi que votre conscience) comme un outil pour favoriser la santé et le mieux-être. En tant que radiologiste, ce genre de formation a eu en moi une résonance profonde : la radiologie repose totalement sur l’application de l’énergie. Un tomodensitogramme envoie en effet des champs d’énergie invisibles à travers le corps humain, qui est lui-même constitué d’atomes d’énergie, ce qui permet de découper le corps humain en tranches comme s’il s’agissait d’un pain et d’examiner chacune de ces tranches. Contrairement à ce qui se produirait si on tranchait un corps au moyen d’un scalpel, l’interaction se fait entre deux formes d’énergie. La compréhension de cette réalité a été un véritable moment décisif pour moi. Cette perception à la fois profonde et si simple des soins de santé n’est à mon avis pas assez reconnue et intégrée à notre modèle de soins. »

Comment ces connaissances peuvent-elles être converties en solutions au problème de «désuétude» de notre approche relative à la santé des médecins et aux soins aux patients?

« Dit simplement, nos professionnels doivent être eux-mêmes en santé pour que les patients retrouvent la leur. Or, actuellement, le taux de suicide et de toxicomanie chez les médecins est supérieur à celui des communautés qu’ils desservent. Selon le Journal de l’Association médicale canadienne, le taux de suicide connu chez les médecins, hommes et femmes, est de 40 % à 50 % supérieur à celui des communautés où ils travaillent. Ce problème ne peut être résolu qu’en revoyant la culture institutionnelle du système médical et en offrant à l’ensemble du personnel hospitalier les outils nécessaires pour s’adapter et survivre à ce modèle générateur de stress. Plus les dispensateurs de soins s’ouvriront à un niveau supérieur de santé optimale, sur les plans physique, mental et spirituel, plus les liens avec leurs patients seront profonds. Plutôt que de soigner uniquement l’enveloppe physique des patients, les soignants offriront des soins qui tiennent également compte de leur santé mentale et spirituelle. En éduquant les intervenants en santé et en leur proposant des exercices mentaux puissants, on les aidera à croître sur le plan personnel et ils seront mieux outillés pour aider les patients et les communautés. »

Comment avez-vous trouvé le moyen de communiquer?

« À l’époque où j’ai subi mon intervention chirurgicale, j’ai commencé l’apprentissage de la guitare. Je n’avais jamais touché un instrument de musique auparavant. Cette initiation musicale a été simultanée à la réflexion qui m’a amené à voir le système de santé sous un autre angle. La musique a joué un rôle déterminant dans la recherche de mon identité véritable. Elle a ouvert un espace qui a facilité mon voyage intérieur et où il m’a été plus facile d’établir avec les autres des liens libres de tout jugement. Par la musique, j’ai découvert la méditation dont j’ai aussitôt constaté le pouvoir. Elle était le chaînon manquant de notre modèle de soins. La méditation est un outil très puissant, une technologie sociale qui facilite les liens entre les personnes et qui est profondément utile au maintien d’un corps sain, d’un cerveau heureux et d’un esprit allumé. Au bout du compte, la méditation est un moyen d’ouvrir son cœur et son esprit à l’autre, d’être véritablement disponible et présent pour lui. Elle permet de mieux comprendre les points de vue des autres et elle procure le calme et la clarté d’esprit requise pour communiquer les vôtres plus efficacement. Les médecins doivent entretenir ce genre de communication avec leurs pairs et avec leurs patients. Plus vous vous sentirez en harmonie avec vous-même et avec les autres, plus vous serez en mesure d’influer sur le monde et les personnes qui vous entourent. »

Département de radiologie du Cambridge Memorial Hospital. Exposition de mandalas médicinaux dans le cadre du programme pilote de mieux-être des employés de NexGenHealth.

Comment réussissez-vous à convaincre des médecins très tournés sur le concret des choses que des idées comme celles-là comptent vraiment?

« Les swamis disent que chaque personne est un fruit de l’arbre de vie. Chacun mûrit à son propre rythme et il ne faut jamais cueillir le fruit avant qu’il ne soit mûr. Rien ne sert d’essayer de convaincre les gens. Il faut plutôt les laisser se convaincre eux-mêmes au fil de leur parcours, de la manière qui leur convient et au moment où ils sont prêts. Voilà l’approche que j’ai choisie. Je me contente de partager mes expériences personnelles et d’expliquer les recherches émergentes dans le domaine de la santé du cerveau et dans les sciences de la pleine conscience. La plupart des médecins et des gens en arrivent là dans la mesure où ils acceptent de se mettre à l’écoute d’eux-mêmes. Cela dit, les arts sont un outil pédagogique et thérapeutique puissant. Ils permettent de mieux intégrer les méthodes d’apprentissage, car ils stimulent le côté droit du cerveau qui établit ensuite un lien avec le côté gauche. Dès que les gens comprennent l’énergie dans une perspective légèrement différente, ils établissent le cadre nécessaire à la compréhension de la jonction entre la science et la spiritualité. »

Depuis quand travaillez-vous pour NexGenHealth?

« Tout a commencé il y a quelques années. Le département de radiologie du Cambridge Memorial Hospital éprouvait des difficultés à la suite de compressions budgétaires importantes qui avaient conduit à une réduction considérable des ressources et de l’effectif. Les employés étaient épuisés et misérables. L’environnement était devenu négatif. Dans le cadre d’un programme pilote, j’ai alors prononcé une allocution dans laquelle j’expliquais le concept du mandala médicinal, une forme d’expression artistique expliquant l’énergie en s’appuyant sur la rencontre des philosophies scientifiques occidentale et orientale. Ces images (les mandalas) représentent un symbole sacré de l’Orient utilisé depuis des générations comme moyen de faciliter la méditation et aussi connu pour purifier l’esprit. Dans le cadre du programme, des employés ont commencé à colorier ces images. Une semaine plus tard, les gens mettaient de côté leurs appareils électroniques. Ils coloriaient et conversaient les uns avec les autres. Dès la deuxième semaine, ils ont commencé à orner les murs du département de radiologie de leurs œuvres. Cette exposition a suscité des questions d’autres employés et des patients, ce qui a conduit à de nouvelles conversations et à la création de liens entre les uns et les autres. Bientôt, la pratique s’est répandue aux autres départements et a été adoptée par d’autres employés qui souhaitaient améliorer leur état de santé. Ce projet a contribué à la mise en place d’une nouvelle approche des relations entre patients et professionnels. De plus, les œuvres ont inspiré des jeunes qui ont commencé à pratiquer cette forme d’art dans les établissements d’enseignement (notamment à l’Université de Waterloo) comme une stratégie de santé mentale visant à favoriser la gratitude, l’empathie et la pleine conscience. Le taux d’adoption et la croissance organique de la pratique sont impressionnants et j’ai immédiatement vu le pouvoir inhérent au partage de cette connaissance, à l’utilisation de l’art comme médium d’apprentissage. NexGenHealth est née de cette pratique. L’organisation a pour mission de créer des esprits sains et des communautés branchées grâce à la puissance des arts. »

Département de radiologie du Cambridge Memorial Hospital. Exposition de mandalas médicinaux dans le cadre du programme pilote de mieux-être des employés de NexGenHealth.

En quoi cette activité simple aide-t-elle les gens?

« L’idée de NexGenHealth consistait à procurer du plaisir et à mobiliser des plateformes éducatives afin d’aider les communautés à apprendre et à guérir, et à leur donner l’inspiration nécessaire pour s’unir et grandir grâce à la pleine conscience. En rendant le savoir accessible et compréhensible, nous aspirons à étendre ces programmes artistiques dans les écoles, les hôpitaux et les entreprises qui désirent développer une culture plus saine et faire partie de cette communauté consciente en pleine expansion. Des écoles décorent des mandalas afin d’en faire des cartes qui expriment la gratitude, l’amour et des vœux et de les partager avec des patients et des employés d’hôpitaux et de foyers pour personnes âgées. Chaque carte est accompagnée d’un livret sur la santé mentale que j’ai créé et qui est intitulé The Medicinal Arts: A Mindful Manual. Il s’agit d’un guide d’initiation à la méditation et aux sciences spirituelles qui explique ce que sont l’énergie et ses rapports avec la santé mentale, la pleine conscience et l’interconnectivité. Ce livret propose un éventail d’exercices de méditation à la portée de tous et il comprend un certain nombre de mandalas à colorier. L’objectif est de transmettre la bonne volonté au sein de la communauté. J’ai animé dans des écoles des programmes destinés aux parents et aux enseignants ainsi qu’aux élèves, du niveau primaire jusqu’au niveau universitaire, y compris des boursiers postdoctoraux et des étudiants en médecine. J’ai pris la parole dans des conférences et sur une multitude d’autres tribunes. Les sciences de la pleine conscience sont un sujet très actuel et les arts, un moyen créatif de les mettre à la portée d’un large éventail d’auditoires.

J’avais hâte de voir comment ces enseignements seraient perçus en Inde, terre d’origine de ces pratiques et de ces idées. J’ai donc fait une tournée dans des écoles et des hôpitaux indiens et le programme y a été très bien accueilli. J’ai alors compris que cette démarche novatrice pouvait devenir au sein du système de santé le déclencheur d’un virage vers une approche plus proactive et préventive qui créera des liens entre toutes les communautés, à l’échelle locale et mondiale. L’appétit pour ce genre de changement est prononcé. Pour s’en convaincre, il suffit de voir le taux d’adoption de cette technique. »

Et quelle a été l’influence de toutes ces activités sur l’orientation de votre propre carrière médicale?

« À un certain point, j’ai dû prendre des décisions difficiles pour maintenir l’équilibre entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle. Ces décisions ont évidemment porté sur mon travail de radiologiste, mais aussi sur ma participation à un modèle de soins qui contredisait mes valeurs morales. Je réfléchis souvent au serment d’Hippocrate et à l’obligation qu’il nous fait de nous abstenir de tout mal. Pourtant, une analyse sommaire des statistiques indique clairement que nous créons le mal ou à tout le moins que nous le perpétuons de nombreuses manières plutôt que de traiter les maladies (ou même de les prévenir!). J’ai constaté que j’avais une histoire à transmettre et qu’en partageant mes expériences et mes apprentissages, je pouvais aider d’autres personnes. J’espérais être en mesure de faire voir aux gens qui m’écouteraient les réalités que j’avais moi-même entrevues pendant mon parcours. J’ai donc renoncé à mon statut d’associé au sein du groupe de radiologie que j’avais fondé. Je demeure cependant disponible pour faire des remplacements lorsque le besoin s’en fait sentir. Aujourd’hui, je me sens privilégié de poursuivre ma passion. En tant que radiologiste, j’avais un revenu annuel de près d’un million de dollars, mais la culture de ma profession détruisait mon âme. Gagner de l’argent peut être enivrant. Je devais surmonter cette griserie pour faire ce que j’aimais. »

Quelle est la prochaine étape pour vous et pour NexGenHealth?

« Je crois que tout est histoire de passion. NexGenHealth poursuit sa croissance organique, tissant des liens avec des écoles et des organisations communautaires (plus particulièrement celles qui travaillent auprès de groupes marginalisés comme nos retraités) grâce à des programmes éducatifs de pleine conscience axés sur l’expression artistique. En plus de prendre la parole en public de plus en plus souvent, j’ai accepté un nouveau rôle en tant que directeur du programme d’humanités médicales, une organisation exceptionnelle de l’Université de Toronto baptisée Canadian International Science Exchange Program (CISEPO), une organisation progressiste sans but lucratif dont la mission consiste à promouvoir la paix en éliminant les divisions au moyen des soins de santé. »

Quel est le mandat du CISEPO?

« L’organisation se concentre sur l’éducation et le transfert des connaissances, et appuie les systèmes de santé dans plus de 40 pays du monde. Elle est active sur la scène internationale depuis 1984, date de sa fondation par l’officier de l’Ordre du Canada et otorhinolaryngologiste de réputation mondiale, le Dr Arnold M. Noyek. Ce partenariat entre NexGenHealth et le CISEPO, en collaboration avec des partenaires internationaux, lancera une initiative de santé mentale transculturelle novatrice qui reliera entre eux plus de 60 pays. Non seulement l’initiative aura-t-elle pour objet d’éduquer les communautés (particulièrement celles qui vivent des conflits), mais aussi les médecins, les étudiants en médecine et tous les professionnels paramédicaux qui en ont autant besoin que les gens de l’ensemble de la communauté. »

Le Dr Abrams donne un cours d’arts médicinaux à 12 étudiants en médecine canadiens, israéliens, jordaniens et palestiniens dans le cadre du programme international facultatif de soins d’urgence en pédiatrie du CISEPO (IPEME). Le programme IPEME s’adresse à des étudiants de différents pays afin de favoriser une meilleure compréhension entre étudiants de différents pays et d’accroître la confiance et la collaboration entre les futurs leaders du secteur médical.

En quoi cette initiative est-elle en harmonie avec la vision d’avenir de NexGenHealth?

« NexGenHealth se veut un chef de file émergent en investissements liés à une mission. Nous arrivons à créer des possibilités d’investissement socialement efficaces en misant sur la puissance des arts et de la technologie pour mobiliser de manière novatrice les communautés. Ces possibilités offrent aux entreprises et aux investisseurs un excellent moyen d’appuyer des activités de promotion de la santé des personnes et des communautés et d’en tirer des avantages, tant à l’échelle locale que mondiale. Les entreprises tendent de plus en plus à favoriser des activités d’investissement socialement responsables et NexGenHealth est déterminée à faire partie de ceux qui participeront à la création de ces entreprises de la nouvelle génération. »

Que diriez-vous à un étudiant en médecine qui amorce son parcours?

« Le monde de la médecine est parfois dur. Il y règne une culture d’opposition entre gagnants et perdants et d’opposition entre les gens. C’est aussi un monde très hiérarchisé. Il est par conséquent important d’aller en médecine pour de bonnes raisons et avec un état d’esprit approprié. La médecine est un sport d’équipe, une communauté, un domaine où l’on prend SOIN de la santé des gens et elle n’est jamais plus forte que le plus faible de ses maillons. Si vous réussissez à vous inspirer du caractère unique de l’humanité et de là, à établir un lien avec vos patients et avec la communauté de gens autour de vous, vous arriverez à faire une différence réelle dans la vie des gens dont vous croisez le parcours. »

 

Le Dr Mitchell Abrams, MD, FRCP
Le Dr Mitchell Abrams, MD, FRCP, est un radiologiste et un musicien vivant au Canada. Son parcours dans l’univers occidental des soins de santé est unique : il a été successivement médecin, chef de département et patient ayant subi une opération à cœur ouvert. Ses connaissances et ses diverses expériences lui ont procuré un point de vue unique et une connaissance intime de notre modèle de soins de santé actuel ainsi qu’une profonde compréhension de la médecine et de la vie. Avec humour, conviction et inspiration, il nous présente les moyens à notre portée pour améliorer notre propre santé, celle de nos communautés, voire celle du monde entier. Son entreprise sociale, NexGenHealth, est née de sa passion pour la musique, la médecine et la pleine conscience. Elle se veut un tremplin pour une réforme en profondeur des soins de santé grâce à un modèle qui intègre les deux puissants outils que sont les arts et la technologie pour des communications plus inspirantes avec les patients, les clients, les auditoires et les étudiants. Le Dr Abrams est aussi directeur des humanités médicales du Canadian International Science Exchange Program (CISEPO) dans le cadre duquel il éduque, soigne et relie entre elles des communautés, à l’échelle locale et mondiale.
 

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