De la classe à la communauté

Cet article a originalement été rédigé en anglais; son contenu et ses nuances pourraient ne pas être rendus parfaitement par la traduction.

Consacrer du temps aux expériences du monde réel peut faire de nous de meilleurs médecins

Avec notre première année à la faculté de médecine de l’Université Dalhousie derrière nous, nous étions fébriles. De nouvelles expériences cliniques nous attendaient – et, avec elles, les difficultés liées à une charge de travail plus lourde. Nous venions de vivre une des périodes les plus occupées de nos vies, mais nous savions que nous n’avions encore rien vu. Pourtant, nous avons trouvé le moyen de vivre une expérience surprenante, qui nous a fait réaliser à quel point il est important que les étudiants en médecine s’intègrent à la collectivité – une expérience enrichissante qui venait compléter notre formation et ferait sans doute de nous de meilleures médecins.

Tout ce qu’il nous fallait faire, c’était trouver du temps.

L’Université Dalhousie offre aux étudiants en deuxième année de médecine la chance exceptionnelle de participer à un programme d’apprentissage par l’engagement. Les étudiants qui le souhaitent peuvent ainsi s’allier à des organismes communautaires pour participer à des projets axés sur des priorités définies par la communauté elle-même. Nous avions déjà mis à l’épreuve notre capacité à gérer notre temps (sans oublier notre sens de l’organisation), mais nous avions hâte de transposer ce que nous avions appris en classe dans la vraie vie. C’est pourquoi nous nous sommes inscrites.

Pour ce faire, nous devions dresser la liste des aptitudes que nous pouvions mettre au service d’organismes communautaires. C’est ainsi que nous avons été mises en contact avec Mainline, un chef de file en matière de services de réduction des préjudices à Halifax.

Même si nous n’avions aucune expérience en toxicomanie ou dans des domaines connexes, nous étions toutes deux impatientes de rencontrer nos nouveaux partenaires locaux et d’apprendre à leurs côtés. Alors que la cadence de notre deuxième année d’études commençait à s’accélérer, nous avons commencé à passer de plus en plus de temps avec les employés de Mainline, qui avaient tous été touchés par la toxicomanie ou en avaient fait l’expérience. C’est ainsi que nous avons découvert l’organisation et orienté notre projet. Nous avons fini par faire de la sensibilisation quant à leur tout nouveau programme d’intervention-pivot par les pairs.

Des intervenants-pivots, des employés et des intervenants potentiels dans un groupe de discussion sur le programme d’intervention-pivot par les pairs.

Ce programme vise à lutter contre la stigmatisation des consommateurs de drogue, à qui il fournit un lieu sûr où ils peuvent se sentir à l’aise et compris. À ce jour, le programme a établi un réseau réunissant des pairs intervenants et employés qui font du travail de proximité à pied sur une base quotidienne, et à l’aide d’un véhicule sur une base hebdomadaire. Notre projet était de faire connaître le programme à la population en ciblant les médias locaux.

Concilier le projet et nos études était loin d’être évident. Il s’est avéré très difficile de prévoir des rencontres et de trouver du temps à consacrer au projet dans notre horaire chargé. Nous nous sommes demandé si nous arriverions à respecter tous nos engagements. Nous savions que notre projet était important, mais était-ce trop pour nous? Aidions-nous vraiment cet organisme communautaire à la mission si importante, ou étions-nous en train de le laisser tomber?

Ces questions ont continué de nous hanter tandis que nous plongions dans la période la plus exigeante de nos études et que nos échéances devenaient pour ainsi dire inatteignables. Toutefois, c’est à ce moment-là que nous avons commencé à prendre la pleine mesure des bienfaits de sortir de la classe pour s’engager dans la collectivité.

Notre expérience nous a donné l’occasion de sillonner la collectivité en compagnie des employés et des intervenants pour ramasser des seringues et autres accessoires, fournir du soutien local et offrir du matériel propre aux clients qui en avaient besoin. C’était véritablement inspirant d’être témoin de la dynamique d’égal à égal empreinte de confiance et de soutien que Mainline avait établi avec ses clients. Nous étions aux premières loges pour constater – au cas où nous ne l’aurions pas encore fait – l’immense valeur de ce programme et le fait qu’il répondait à un besoin criant.

Les jeunes médecins sont sensibilisés très tôt dans leur formation à l’importance du mentorat et de l’apprentissage par les pairs. Nous repensions à notre année chez Mainline, et il nous est apparu qu’au fond, le programme d’intervention-pivot par les pairs ressemblait beaucoup aux études de médecine elles-mêmes : tout repose sur l’établissement de relations de confiance avec les pairs.

Au bout du compte, notre projet a été couronné de succès. Le réseau d’intervenants a franchi la barre des 20 personnes, et avec l’aide de la CBC et de Doctors Nova Scotia, nous avons pu mettre en valeur l’important travail qu’accomplit Mainline dans la collectivité. Mais ce qui compte le plus à nos yeux, c’est l’expérience terrain acquise, l’occasion d’apprendre des personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie et des difficultés qu’elles affrontent. Cette expérience nous aidera un jour à traiter des patients dans une situation semblable.

Ce bagage nous suivra tout au long de notre formation, puis de notre carrière. Nous sommes reconnaissantes d’avoir su, malgré la pression à peine soutenable associée à nos études de médecine, concilier nos engagements et trouver du temps à consacrer à la collectivité.


Dominique de Waard & Brianne Robinson

Dominique de Waard a entamé son parcours en médecine lorsqu’elle a quitté sa Nouvelle‑Écosse natale pour aller à l’Université de Guelph, en Ontario, où elle a obtenu un baccalauréat en sciences avec spécialisation en sciences biomédicales. Une fois son diplôme en poche, Dominique a entrepris un tour du monde et, depuis, elle ne rate pas une occasion de voyager. Pendant ses périples, si elle n’est pas en train d’admirer une chute d’eau, vous la trouverez dans un restaurant se régalant d’un délicieux dessert. Avant d’entreprendre sa troisième année de médecine à l’Université Dalhousie, Dominique prévoit faire le tour de l’Asie. Brianne Robinson est sur le point d’entamer sa troisième année de médecine à l’Université Dalhousie. Originaire de Kitchener, en Ontario, elle est titulaire d’un baccalauréat en sciences médicales avec spécialisation en pathologie de l’Université Western. Brianne s’est rapidement adaptée à sa ville d’adoption et passe ses temps libres à explorer Halifax, à découvrir de nouveaux restaurants et à faire de la randonnée et de la course à pied. Elle compte passer du temps à son chalet du lac Simcoe avant de commencer ses stages en août.
 

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