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À chacun sa conception de la médecine : vision d’un étudiant

Lauréat du prix du leadership de la FEMC et de Gestion financière MD, Andriy Katyukha s’est forgé un parcours unique, grâce à un engagement sans failles et à son réseau de contacts.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai été un amoureux des sciences et de la biologie. J’étais petit quand je suis arrivé au Canada en provenance de l’Ukraine. Dans les années qui ont suivi, des membres de ma famille ont eu des ennuis de santé, et j’ai donc été témoin (malgré mon jeune âge) des ravages des maladies chroniques et de la manière de gérer. Dès la deuxième année du secondaire, ma détermination à devenir médecin était si grande que j’ai commencé à faire du bénévolat dans un hôpital voisin. Je voulais m’imprégner de l’ambiance, voir comment on soignait les patients et mieux comprendre le milieu de la santé. J’ai ainsi eu le privilège d’interagir avec des médecins, des infirmières et des patients, et mon intérêt pour la médecine n’en a été que renforcé.

Ma voie semblait toute tracée.

Plus j’approfondissais mes connaissances scientifiques, plus je m’apercevais avec étonnement que ce n’était pas le côté savant de la médecine qui me fascinait.

Expérience au sein du conseil d’administration d’un hôpital

J’ai fait mes études de premier cycle à l’Université Western où j’ai obtenu un baccalauréat avec concentration en physiologie. Plus j’approfondissais mes connaissances scientifiques, plus je m’apercevais avec étonnement que ce n’était pas le côté savant de la médecine qui me fascinait. Mon intérêt pour le point de jonction entre la médecine et la gestion du risque se développait en effet, et on m’a alors offert un poste au sein du conseil d’administration de l’Hôpital de Mississauga.

Même si cette nomination découlait de la volonté du conseil de bénéficier des lumières d’une personne plus jeune, je n’ai jamais eu l’impression que ma nomination était purement symbolique. J’ai trouvé très enrichissant de me trouver au cœur de la gestion d’un établissement de santé. Je travaillais avec des dirigeants financiers, des philanthropes et des personnes connues de la communauté, et, en raison de mon âge, il me fallait user de stratégie pour vraiment contribuer. J’en savais beaucoup sur le plan scientifique, mais j’ai rapidement constaté que pour devenir un bon administrateur, je devais encore acquérir sur le tas un ensemble entièrement nouveau de compétences.

C’est donc ce que j’ai fait.

De l’hôpital à l’association étudiante

J’ai siégé trois ans à ce conseil puis je me suis joint à celui de l’association des étudiants de l’Université Western dont les leaders étaient rompus aux aspects administratifs de leur mandat, de la gestion des RH aux finances en passant par la gouvernance. Le conseil était surtout composé d’étudiants en droit et en gestion. J’étais le seul étudiant en sciences.

Je me suis assuré de bien utiliser les connaissances que j’étais le seul à maîtriser et, l’année suivante, j’étais élu président du conseil d’administration. Ce fut une occasion unique et une incroyable expérience d’apprentissage. Je me suis trouvé à la tête d’un groupe de personnes qui avaient plus d’expérience technique sur les plans juridique et comptable, et je me suis découvert une passion pour ces choses.

Conciliation de mes intérêts

Je ne voulais pas changer d’orientation, car la vocation scientifique résonnait encore très fort en moi, mais je souhaitais vraiment trouver le moyen de concilier mes intérêts divergents en découvrant leurs points de convergence. Voilà ce qui m’intéressait. Un diplôme en médecine ouvre de nombreuses portes, et je me suis dit qu’il y avait sûrement pour moi un parcours parallèle, quitte à le créer moi‑même.

Voilà donc comment je me suis présenté à la faculté de médecine : comme une personne au point de jonction entre différentes disciplines. Ce choix n’a pas toujours été bien compris. Aux entrevues, bien des gens au sein des comités de sélection pour des postes administratifs se sont étonnés de mes choix professionnels, et je sais qu’il aurait sans doute été plus simple que j’exprime de l’intérêt pour la recherche, mais en vérité, c’était ce que je souhaitais faire. Tous les médecins ne peuvent pas être des chercheurs ou des cliniciens; l’univers de la médecine est beaucoup plus vaste.

Les étudiants en médecine ont tous tendance à observer ce que font les autres et à se comparer, à penser que si telle personne fait ceci ou cela, ils devraient peut‑être le faire aussi.

De l’importance d’un bon réseau

Au fil des ans, j’ai connu beaucoup de succès dans mes domaines de prédilection, grâce à ma préparation. Avant de me lancer dans un projet, je réfléchis toujours à la manière dont je vais m’y prendre. J’ai travaillé sans relâche à tisser des liens et je me suis bâti un réseau solide, un atout primordial pour une personne comme moi. La vérité est qu’à défaut d’un bon réseau, vos chances de succès diminuent. Bien des étudiants en médecine viennent d’une famille de médecins ou d’un milieu aisé. Ils ont rarement eu à se soucier d’obtenir une recommandation ou des offres d’emploi intéressantes, voire de payer leurs frais de scolarité. En revanche, si vous venez d’un milieu comme le mien, il est essentiel d’être persistant et de faire vos preuves. Il faut convaincre les autres de miser sur vous.

Les étudiants en médecine ont tous tendance à observer ce que font les autres et à se comparer, à penser que si telle personne fait ceci ou cela, ils devraient peut‑être le faire aussi. Pour ma part, j’ai toujours été convaincu qu’il est préférable de faire confiance à ses aptitudes naturelles. Si ce que vous faites a un sens pour vous et contribue à votre épanouissement, vous êtes au bon endroit!

Connaître ses goûts

À l’aube de ma troisième année à la faculté de médecine, j’ai dû faire des choix professionnels importants. Médecine interne ou cardiologie? Ni l’une ni l’autre. Je souhaitais un travail plus global, un travail qui toucherait aux multiples aspects des soins de santé et qui me permettrait de me concentrer sur la santé de nombreux patients plutôt que sur celle d’une seule personne.

Voilà le message que je souhaiterais livrer aux étudiants en médecine : trouvez ce que vous aimez. Cette tâche peut être difficile pour celles et ceux qui viennent de communautés marginalisées, car le parcours vers une carrière médicale est parsemé d’obstacles (et une fois à destination, le succès n’est pas automatique). J’ai cependant l’intime conviction qu’il y a de la place pour tous en médecine. Pour trouver la vôtre, il faudra cependant travailler fort, persévérer et vous bâtir un réseau pour les jours où vous aurez besoin d’aide.