Garder les deux pieds sur terre

February 13, 2019

Toute la vérité sur les vraies réalités des étudiants en médecine de la bouche de vrais conseillers 

Nous ne saurions trop insister sur la nécessité de vous doter d’un plan financier robuste pour la durée de vos études en médecine et au-delà, mais ça, vous le savez déjà... N’êtes-vous pas en train de lire ces lignes? Si la seule idée de devoir prendre des décisions financières pour les dix prochaines années vous effraie, ne vous inquiétez pas, nous allons vous apporter un peu de tranquillité d’esprit. Nous avons demandé à quelques-uns de nos conseillers de nous parler des principales questions qui leur sont posées, des inquiétudes qu’ils ont l’habitude de calmer et des pires erreurs que font les étudiants en médecine en matière de finances personnelles.

Quel genre de questions les étudiants en médecine vous posent-ils le plus souvent?

Les dettes, les dettes, les dettes. Ils posent tous des questions sur les dettes. « Suis-je la seule personne à être aussi endettée? Avez-vous déjà vu d’aussi grosses dettes? Croyez‑vous que j’arriverai un jour à tout rembourser? » Les réponses à ces questions sont immanquablement oui, oui et oui. Tout ce qu’il faut, c’est du temps, de la discipline et une planification.

À quoi les étudiants en médecine devraient-ils accorder davantage d’importance?

Trop peu d’étudiants sont éduqués financièrement, mais je pense qu’ils doivent l’être pour être en mesure de s’occuper de leurs finances personnelles. L’établissement d’un budget mensuel est un bon moyen de prendre conscience de ses habitudes financières. Évidemment, il existe toutes sortes de façons de dresser un budget, et chacun y va de sa touche personnelle (notre article sur les dollars burritos illustre à quel point certains étudiants ont une touche particulière). Certains veulent savoir exactement combien d’argent il leur faudra pour chaque chose, tandis que d’autres se sentiront dépassés devant un tel tableau d’ensemble. Ce que je conseille souvent, c’est d’établir deux budgets distincts, soit un premier comprenant les dépenses discrétionnaires, c’est-à-dire les dépenses qui peuvent être contrôlées comme les repas au restaurant, puis un second pour les dépenses fixes, c’est-à-dire les dépenses inévitables comme les frais de scolarité et d’admission.

Quel autre aspect négligent-ils aussi parfois?

Leur cote de solvabilité. Ils doivent s’en préoccuper dès le départ, avant de trop s’endetter. Lorsqu’ils deviennent résidents, la plupart apprennent tout ce qu’il y a à savoir sur leur cote de solvabilité et la gèrent, mais les étudiants doivent y prêter plus d’attention dès le début. Ils en ressentiront les effets tout au long de leur carrière. Ce sont de simples gestes, comme régler le solde de sa carte de crédit à temps et ne pas faire de demandes de crédit inutilement, qui peuvent aider à prévenir les gros problèmes pour l’avenir. Une mauvaise cote de solvabilité peut se répercuter sur leur capacité d’obtenir un prêt hypothécaire ou même de transférer leur marge de crédit entre institutions.

Qu’est-ce qui surprend le plus les étudiants?

Les dettes. C’est curieux, car les étudiants savent pertinemment pour la plupart qu’ils auront des dettes à rembourser. Il n’en demeure pas moins que bon nombre d’entre eux n’en reviennent pas du niveau d’endettement qu’ils pourraient atteindre à la fin de leurs études de médecine : 180 000 $ et plus dans certains cas.

Qu’est-ce qui inquiète le plus les étudiants?

Parmi les inquiétudes qui ressortent le plus souvent, particulièrement en troisième année de médecine, il y a la crainte de ne pas être jumelé dans le processus du CaRMS. Les étudiants se demandent alors comment ils feront pour rembourser leurs dettes. La réponse varie légèrement selon l’état de leurs finances. Ils devront commencer à rembourser les prêts étudiants consentis par le gouvernement, mais s’ils se dirigent vers la recherche ou démontrent qu’ils poursuivront leurs travaux universitaires d’une façon quelconque, ils pourront avoir recours au programme d’aide au remboursement. Pour ce qui est des marges de crédit pour étudiants, tout dépend des modalités. Certaines marges sont assorties d’un délai de grâce et d’autres, non.

Quelle est la chose essentielle à laquelle les étudiants ne pensent pas généralement?

L’assurance invalidité! La plupart des étudiants se disent qu’ils n’ont pas besoin de ça, mais je sais par expérience à quel point c’est important. Deux étudiants que je connais ont dû interrompre leurs études pour des raisons liées au stress et à des soucis de santé, mais, heureusement, les deux détenaient une assurance en cas d’invalidité. Le problème, c’est que si l’interruption perdure (peu importe la raison), ils risquent de n’être plus considérés comme des étudiants et d’être contraints de commencer à rembourser leurs dettes. Donc, il faut dire oui aux propositions d’assurance invalidité! C’est une protection peu coûteuse pour les étudiants, particulièrement s’ils passent par l’association médicale de leur province. De plus, lorsqu’ils deviennent résidents ou commencent à exercer la médecine, ils peuvent transformer leur assurance sans devoir fournir de preuve de bonne santé.

Qu’est-ce que les étudiants en médecine doivent savoir au sujet des prêts?

La plupart ont déjà une marge de crédit pour étudiants lorsque je les rencontre. C’est après le jumelage du CaRMS qu’ont lieu les discussions les plus sérieuses. À ce moment-là, les étudiants veulent savoir comment profiter au maximum des divers programmes d’exonération du remboursement des prêts étudiants qui sont offerts. Par exemple, l’étudiant qui travaille 400 heures en médecine familiale dans une région rurale admissible peut présenter une demande d’exonération de remboursement du prêt d’études pour les médecins de famille du gouvernement du Canada et soulager ainsi sa dette d’environ 8 000 $. Comme autre question importante, ils doivent déterminer aussi s’il convient de consolider leurs dettes ou non. Le cas échéant, il doit leur rester suffisamment de crédit sur leur marge, car après avoir consolidé leurs dettes ils ne seront plus admissibles à certains programmes d’exemption. Oui, c’est compliqué! Et c’est pourquoi il importe de s’adresser à des personnes qui connaissent tous les rouages des programmes et sont en mesure de les aider à se doter d’un plan financier robuste et à prendre des décisions. En sachant d’où ils viennent et où ils vont, les étudiants peuvent faire des choix beaucoup mieux éclairés.

Pourquoi la plupart des étudiants ne respectent-ils pas leur budget?

C’est une question délicate, car elle exige d’aller fouiller dans la tête des étudiants en médecine. Ce que je sais, par contre, c’est que les étudiants en médecine restent à l’école beaucoup plus longtemps que la plupart des gens. De plus, tandis qu’ils se préparent pour leurs prochains examens et vivent encore avec des colocataires, la plupart de leurs amis ont obtenu leur diplôme, gagnent de bons salaires, fondent une famille, achètent une première maison et partent en voyage. Ce sont des constats difficiles pour les étudiants en médecine, qui sont plongés dans une réalité financière tout autre. Ainsi donc, les étudiants en médecine dépensent souvent pour des choses dont ils n’ont pas besoin pour compenser. Ils veulent une voiture. Ils veulent commencer à investir dans une maison. Et bien que tous ces désirs soient sains et réalisables, ils représentent des dépenses qui s’ajoutent aux obligations et fardeaux financiers uniques des étudiants en médecine. Évidemment, ils peuvent s’acheter une voiture, mais ils doivent bien réfléchir à la façon dont ils la financeront. Doivent-ils la payer à partir de leur marge de crédit, obtenir un prêt auto, opter pour la location? De plus, les étudiants en médecine mettent beaucoup d’argent dans les voyages; ils ne voudraient surtout pas manquer tel voyage de ski avec leurs amis ni ne pas rentrer à la maison pour Noël. Même si ces moments de répit sont essentiels (les étudiants en médecine n’ont pas à vivre comme des moines), il faut faire des compromis. S’ils décident de partir en voyage, un hôtel trois étoiles fera moins mal au budget (et à la tranquillité d’esprit) qu’un cinq étoiles.

Comment faites-vous pour aider les étudiants à éviter de trop s’endetter?

Je les encourage à examiner leurs dépenses discrétionnaires, c’est-à-dire les dépenses qu’ils peuvent contrôler, et leur situation pour voir où ils pourraient couper. Bien que certaines difficultés soient communes à toutes les situations, chaque étudiant a sa propre réalité, en ce sens qu’il y a des problèmes et des solutions qui ne s’appliquent qu’à lui. Prenons par exemple la ville où il vit. S’il est à Toronto ou à Vancouver, où le coût de la vie est plus élevé, il n’aura pas la même souplesse budgétaire que celui qui habite une région où la vie est moins chère. Certains étudiants doivent beaucoup voyager pour se rendre aux entrevues du CaRMS ou faire leur résidence tandis que d’autres n’ont pas vraiment à se déplacer. Les frais de voyage peuvent donc varier aussi considérablement. Lorsqu’ils ont une compréhension globale de leur réalité financière, les étudiants en médecine sont souvent mieux placés pour trouver un meilleur équilibre entre la rigueur et les bonheurs de la vie.

En un mot, quel conseil auriez-vous à donner aux étudiants en médecine?

Planifier. C’est la première chose à faire. De nombreux étudiants attendent trop, puis ils sont pris pour écoper jusqu’à la fin de leurs études et même après. La meilleure façon de s’assurer d’avoir un plan financier robuste et, par le fait même, de se familiariser avec les options disponibles, c’est de faire affaire avec un conseiller financier. Nous sommes là pour aider les étudiants à prendre les bonnes décisions, un point c’est tout. Puis, une fois que les étudiants ont établi une bonne relation avec leur conseiller, qui a appris à bien les connaître, le processus décisionnel devient de plus en plus facile. D’ailleurs, cette facilité peut parfois être précieuse. En effet, les études en médecine sont déjà assez stressantes sans qu’il faille en plus craindre de perdre le contrôle de ses finances personnelles.

Que doit absolument faire un étudiant pour partir du bon pied?

Bien des étudiants n’ont pas conscience des répercussions qu’auront leurs dettes sur leur avenir. D’autres se disent simplement que, puisqu’il n’y aura pas moyen de s’en sauver, ils s’en soucieront plus tard. Or, il y a beaucoup de moyens à prendre pour se préparer : pour commencer, s’informer sur sa cote de solvabilité (et la surveiller); ensuite, établir un budget simple pour savoir combien d’argent est dépensé et combien mettre de côté.

Qu’est-ce que les étudiants devraient surveiller lorsque les taux d’intérêt grimpent?

Lorsque les taux d’intérêt augmentent, l’utilisation d’une marge de crédit coûte plus cher puisque les frais d’intérêt augmentent aussi. La plupart des étudiants en médecine utilisent leur marge pour payer les intérêts mensuels qui y sont portés. Autrement dit, en cas de hausse des taux d’intérêt, ils doivent « emprunter » davantage pour payer plus de frais d’intérêts, et le crédit disponible diminue alors. Les taux fluctuent régulièrement, et s’ils s’inquiètent des répercussions que ces fluctuations peuvent avoir sur leurs finances personnelles, les étudiants ne devraient pas hésiter à en parler à leur conseiller financier.

La prochaine étape

Pour avoir un tableau d’ensemble de vos finances personnelles et vous doter d’une bonne stratégie de gestion, vous gagnez à solliciter l’aide d’un conseiller financier. Celui-ci qui vous aidera à trouver des solutions personnalisées en réponse à bon nombre des questions soulevées ci-dessus. Si vous n’avez pas encore de conseiller, vous pouvez consulter la page de notre équipe de conseillers MD et découvrir ce qu’ils peuvent faire pour vous (et à quel point ils ont l’air sympathiques!).

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