Veiller au bien des patients fait du bien

May 5, 2018 Henry Annan

Cet article a originalement été rédigé en anglais; son contenu et ses nuances pourraient ne pas être rendus parfaitement par la traduction.

La représentation en santé, plus importante que jamais

Au sein de la communauté médicale, il n’est pas rare d’entendre parler de représentation au cours d’une conversation. En général, on s’entend pour dire que la représentation en santé est importante – mais combien d’entre nous en font réellement?

Sous sa forme la plus élémentaire, la représentation peut prendre la forme d’un geste simple, par exemple, aider un patient à remplir ses formulaires d’assurance. De façon plus évidente, c’est aussi militer auprès des plus hautes instances gouvernementales pour faire changer des politiques. J’ai vu des médecins en exercice et en formation mener des initiatives dans toutes les dimensions de la représentation, et j’ai la conviction intime qu’elle permet aux médecins de défendre concrètement les valeurs de la profession. C’est pourquoi j’ai choisi de placer la représentation sous toutes ses formes au centre de mes activités professionnelles.

Je suis né à Halifax, mais j’ai passé la plus grande partie de mon enfance au Ghana, en Afrique occidentale. Ma famille et moi sommes revenus au Canada quand j’avais presque 12 ans.

C’est un âge intéressant, 12 ans, je trouve; c’est l’âge où on commence à voir le monde sous un autre jour et à se forger sa propre opinion du bien et du mal. Pour moi, ce processus a commencé au Ghana et s’est terminé au Canada. Je nourris depuis une passion inhérente pour la santé et la représentation dans une perspective mondiale. En fait, vivre dans deux pays radicalement différents, qui ont adopté des approches radicalement différentes en santé, a grandement influencé ma perception quant à la prestation de soins de santé de qualité supérieure.

Moins d’un an après avoir commencé mes études, j’avais trouvé le moyen d’avoir un effet positif sur le système de santé canadien auprès de la plus haute instance politique.

Pendant ma première année à la faculté de médecine, j’ai été nommé défenseur de la santé mondiale à la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada (FEMC), où j’ai représenté l’Université Dalhousie. Dans le cadre de mes fonctions, j’ai alors participé à la journée annuelle de lobbying de la FEMC. Pendant un forum réunissant des décideurs politiques fédéraux, j’ai prononcé un plaidoyer pour le régime universel d’assurance médicaments, avançant des arguments économiques et de justice sociale. J’ai été surpris (et fier, il faut l’avouer) lorsque le sénateur Jim Cowan, convaincu par notre argumentation, nous a demandé de présenter le sujet à la période des questions de la Chambre des communes. La question y a été lue en janvier 2015 et a suscité de vifs débats. C’est à ce moment que j’ai commencé à comprendre la valeur de la tribune à laquelle le simple fait de choisir la médecine m’avait donné accès. Moins d’un an après avoir commencé mes études, j’avais trouvé le moyen d’avoir un effet positif sur le système de santé canadien auprès de la plus haute instance politique. Ce n’était qu’un début : j’ai ensuite assisté à trois autres journées annuelles de lobbying de la FEMC et été officier national des droits humains et de la paix, avant de finalement devenir président de la FEMC.

J’ai vécu une des expériences les plus instructives de mon parcours étudiant lorsque j’ai fait un stage en santé des sans-abri, à ma quatrième année d’études. J’ai alors eu l’occasion de travailler avec certains des membres les plus vulnérables de notre société. Entendre leurs histoires et constater par moi-même que le système de santé n’arrive toujours pas à subvenir aux besoins de bon nombre de patients m’a rappelé que j’avais une responsabilité : faire en sorte que ceux qui en ont le plus besoin reçoivent des soins de santé de qualité supérieure.

Je me suis souvenu d’un discours prononcé par la Dre Jane Philpott, alors ministre de la Santé, au Conseil général de l’Association médicale canadienne en 2017. Elle avait demandé de but en blanc à la foule de médecins : « Qui est responsable de la santé des populations vulnérables? » La réponse était claire : nous. Il s’agit en fait d’une double responsabilité. Nous devons veiller à adapter notre pratique aux besoins uniques des patients vulnérables, mais nous devons aussi nous servir de notre profession afin de militer pour des changements globaux.

Les médecins et les étudiants en médecine devraient constamment essayer de trouver de nouvelles façons de promouvoir la santé au-delà des quatre murs de leur bureau ou de leur hôpital.

La réalité, c’est que la représentation en santé est la conséquence naturelle d’une bonne relation médecin-patient. Un bon médecin aura constamment les intérêts de ses patients à cœur et fera tout ce qu’il peut pour que les soins qu’il prodigue tiennent compte de leurs besoins. Se mettre à la place des patients permet de mieux comprendre leurs besoins et de proposer des façons d’améliorer les soins de santé qu’ils reçoivent.

Comme je m’intéresse à la santé et à la politique dans une perspective mondiale, des événements tels que la journée annuelle de lobbying de la FEMC constituent un moyen naturel pour moi de défendre les intérêts des patients. Cela dit, ce n’est pas le cas pour tous, et la représentation peut parfois prendre d’autres formes moins courantes. Les médecins et les étudiants en médecine devraient constamment essayer de trouver de nouvelles façons de promouvoir la santé au-delà des quatre murs de leur bureau ou de leur hôpital. Il s’agit d’abord de reconnaître la chance que vous avez d’être médecin et de trouver des façons créatives de mettre à profit vos compétences, vos talents et vos passions pour influencer positivement le domaine de la santé, dans l’intérêt de vos patients et de tous les patients canadiens.

Posez-vous la question suivante : comment vos compétences peuvent-elles devenir un outil de représentation? Trouvez la réponse, et d’innombrables moyens de susciter des changements positifs se présenteront à vous!

Faire du bénévolat en représentation

Même si l’ajout d’autres heures de travail à votre horaire peut vous sembler contre-intuitif, des études indiquent que faire du bénévolat aide en fait à prévenir l’épuisement professionnel.

 

Henry Annan, finissant en médecine à l’Université Dalhousie, est actuellement président de la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada, où il a aussi occupé le poste d’officier national des droits humains et de la paix. Dans le cadre de ce dernier mandat, Henry a soutenu des initiatives en santé mondiale lancées par des entités locales, ainsi que des campagnes nationales de lobbying. Il a également été administrateur de l’Association de santé des Afro-Canadiens ainsi qu’un mentor pour les jeunes Afro-Canadiens d’Halifax, sa ville natale. Son vif intérêt pour la santé globale et la formation médicale lui assurera un parcours réussi durant sa résidence en pédiatrie, qu’il commencera dès juillet.

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C’était le 24 décembre 1996. Je m’en souviens comme si c’était hier, même si les détails restent un peu flous.