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MISE À JOUR SUR LA COVID-19 : Initiative d’un groupe d’étudiants en médecine pour combler le manque d’équipement de protection individuelle

Alors que se poursuit le combat pour aplanir cette fameuse courbe, le personnel de la santé de première ligne fait face au même obstacle depuis le début de la lutte contre la COVID-19 : le manque d’équipement adéquat de protection individuelle (EPI). Malgré le fait que des particuliers et des organisations aient pris le relais pour combler ce manque en faisant don d’EPI ou en en fabriquant, l’épuisement du stock national demeure problématique . Un groupe d’étudiants en médecine de Toronto a trouvé une façon simple, mais efficace, d’aider à protéger le personnel de la santé, et son initiative a pris une tournure inattendue.

Lorsque les cours et les stages cliniques ont été annulés en raison de la pandémie, sept étudiants de différentes facultés de médecine en Ontario se sont retrouvés confinés chez eux à Toronto. Ces derniers qui avaient pour la plupart effectué des stages dans des hôpitaux ont voulu prêter main-forte au personnel de première ligne actuellement confronté à un défi sans précédent. Il devint vite évident que les pénuries d’EPI dans les hôpitaux et autres établissements menaçaient la sécurité de leurs collègues.

« À ce moment-là, nous n’avions pas encore eu vent d’initiatives visant à recueillir et à distribuer de l’équipement de protection », rapporte Ali Goodbaum. « Nous avons réfléchi ensemble à la meilleure façon d’aider le personnel de la santé. Notre première réunion a eu lieu par vidéoconférence; nous ne nous étions pour la plupart jamais rencontrés, mais notre sens du devoir et notre objectif commun a vite fait de souder notre groupe. »

La première étape consistait à mettre sur pied une équipe de bénévoles qui contacteraient des entreprises locales qui, en temps normal, utilisaient de l’EPI, mais qui avaient dû cesser leurs activités n’étant pas considérées comme un service essentiel. Ils ont créé une page Facebook et, dès la première journée, 200 à 300 personnes avaient proposé leur aide pour contacter des entreprises ou pour aller chercher et livrer l’équipement offert. La première récolte d’EPI était destinée à des centres de soins de longue durée et à des refuges pour sans-abris où le manque d’équipement était le plus criant. 
 
Depuis cette première expérience, vu l’évolution des besoins dans les établissements de soins de santé, le groupe a dû modifier et élargir sa façon de faire. Fort de plus de 900 bénévoles, le réseau de ramassage et de livraison du groupe est devenu beaucoup plus efficace. « Calvin Diep, un des membres de l’équipe de direction, a dressé dans un tableur une liste de milliers d’entreprises, y compris leur numéro de téléphone et l’adresse de leur site Web », rapporte Yezarni Wynn. « Il suffisait aux bénévoles de sélectionner un groupe d’entreprises à contacter et de consigner dans le fichier l’information qu’ils arrivaient à obtenir. Ça peut sembler simpliste, mais en procédant ainsi, nous avons réussi à contacter efficacement des milliers d’entreprises. Sophia Duong, également membre de l’équipe de direction, a créé un site Web permettant au grand public de nous faire don de matériel ».

Au départ, le groupe cherchait simplement à combler un manque d’EPI et pensait que son initiative ne durerait que trois à quatre semaines. Sept semaines plus tard, les besoins sont toujours là, et tant que le programme aura son utilité, le groupe est déterminé à poursuivre sur sa lancée.

Les gens qui suivent l’actualité savent certainement que la situation évolue de jour en jour. Le groupe d’étudiants de Toronto ne se laisse pas abattre pour autant. Les ressources et les besoins changent, tout comme les capacités au sein de la communauté; les gens apprennent à faire leurs propres masques en tissu. « Nous en sommes rendus au point où nous avons pratiquement épuisé toutes les ressources dans la communauté et devons alors trouver d’autres stratégies. Nous avons, par exemple, lancé une campagne de financement pour acheter de l’EPI que nous pourrons ensuite distribuer », déclare Thulasie Manokaran. Dans le cadre de son initiative, le groupe a également lancé un programme d’échange de masques généreusement commandité par Athletic Knit. Les gens qui remplissent un formulaire pour donner de l’EPI peuvent en retour demander de recevoir un masque réutilisable en tissu qui leur sera directement envoyé par la poste. « Ce programme a deux objectifs : il sert à remercier les donateurs et à mettre en pratique les recommandations en matière de santé publique en encourageant le port de masques réutilisables en tissu dans la communauté », ajoute Tul-Zahra Rida.

Jusqu’à présent, le groupe a réussi tout un exploit dans la région de Toronto : il est parvenu à recueillir et à livrer plus de 900 visières, 1 900 couvre-chaussures, 3 000 masques N95, 16 000 masques chirurgicaux, 2 000 blouses et 179 000 gants, et plus de 12 000 $ en dons (jusqu’à présent). Le plus surprenant, c’est que les membres du groupe ne se sont pas encore rencontrés en personne.

« Je ne vois plus du tout ma carrière du même œil. Cette situation a mis en évidence les failles de notre système. Nous ne voulons plus jamais être pris au dépourvu face à une telle pénurie », a déclaré Mia Kibel.

Si vous souhaitez contribuer à assurer la sécurité du personnel de la santé de première ligne, le site PPEs for HCPS Toronto  vous permet d’en apprendre davantage sur cette initiative étudiante. Vous pouvez également consulter cette page Facebook  pour obtenir plus d’information.