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MISE À JOUR SUR LA COVID-19 : Des étudiants de UBC s’allient pour lutter contre la pandémie

À la mi-mars, un samedi après-midi, la Faculté de médecine de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) annonçait à ses étudiants que leurs tâches cliniques étaient suspendues. Du jour au lendemain, une multitude d’étudiants ont vu leur agenda se vider. Mais bon nombre d’entre eux ont vite cherché un moyen de le remplir de nouveau pour contribuer à la lutte contre la propagation de la COVID-19.    

Zach Sagorin et Devon Mitchell comptaient parmi ceux qui voulaient trouver un moyen de mettre à profit leurs compétences et leur expérience. C’est ainsi que, en collaboration avec d’autres étudiants de l’université, ils ont mis sur pied un comité directeur qui allait servir de point de liaison entre les étudiants en médecine et les initiatives sur le terrain. Nous avons conçu un formulaire pour que les médecins nous fassent part de leurs besoins et un autre pour les initiatives de santé publique, explique Zach. Finalement, nous avons repéré tout un éventail de possibilités auxquelles pouvaient participer nos bénévoles. 

Depuis, le programme a connu un essor remarquable : plus de 700 étudiants en médecine se sont inscrits comme bénévoles, et plus de 500 ont pris part à une activité pour soutenir des médecins ou à une initiative de santé publique. J’ai été étonné de la participation et de l’intérêt de divers milieux de la santé, des maisons de naissance aux cabinets de dentistes en passant par les soins infirmiers, pour ne nommer que ceux-là.  Cette diversité de besoins a par ailleurs été satisfaite grâce à un bassin étonnamment diversifié de compétences chez les étudiants en médecine.  Ce qui est captivant, c’est l’étendue de l’expérience et des compétences que possèdent déjà les gens qui étudient en médecine, de dire Devon. Chacun, qu’il soit spécialiste en intelligence artificielle, docteur en médecine ou chercheur, possède un vaste bassin de talents qui profite à l’effort collectif. 

Parmi les organisations à nous avoir présenté une demande, citons la régie régionale de la santé Fraser. Elle avait besoin d’aide pour retracer des employés du secteur de la santé en Colombie-Britannique ayant été exposés au virus. Le comité directeur a immédiatement mis la régie en liaison avec Nora Penty, une étudiante en médecine en 3e année à UBC. Nora s’est mise à l’œuvre le soir même, épluchant une liste d’étudiants en médecine ayant manifesté le souhait de faire de la recherche de contacts pour recruter des effectifs. La réponse a été formidable; une foule d’étudiants en médecine étaient prêts à s’engager. Pour commencer, le groupe comptait 17 étudiants. Je peux vous dire que notre aide était plus que la bienvenue.

Ce groupe a été formé par des infirmières en santé au travail. Nora raconte : Pour la plupart d’entre nous, c’était une première expérience professionnelle auprès d’infirmières en santé au travail. Elles ont été merveilleuses. Nous avons beaucoup appris sur la santé au travail et les maladies infectieuses. D’ailleurs, il semble que les étudiants en médecine soient particulièrement doués pour le travail complexe de recherche de contacts. Non seulement ils connaissent le fonctionnement et le personnel en milieu hospitalier pour y avoir déjà passé du temps, mais ils ont une curiosité naturelle pour la COVID en particulier et le réseau de la santé en général.  

La recherche des contacts peut sembler simple a priori, mais elle peut facilement se compliquer et prendre beaucoup de temps. Le centre d’appel de la sécurité au travail, dirigé par la régie régionale de la santé Fraser, reçoit des avis provenant de l’unité de santé publique ou du service de contrôle des infections. L’information communiquée peut varier du nom complet aux initiales seulement d’un patient déclaré positif à la COVID-19. Une fois l’identité du patient établie, ses déplacements dans les divers services de l’hôpital sont retracés, et le responsable de chaque service est prié de fournir une liste du personnel qui était présent au même moment que le patient en question. Ensuite, il faut communiquer avec ces personnes directement pour leur demander si elles ont interagi avec le patient et, le cas échéant, le type d’équipement de protection qu’elles portaient. Toute cette démarche vise en fin de compte à déterminer si ces employés doivent être testés et s’ils peuvent continuer de travailler en toute sécurité. En revanche, si un membre du personnel a été contaminé, il faut relancer la recherche des contacts en sens inverse pour chaque quart travaillé et chaque collègue de travail côtoyé pour déterminer si d’autres travailleurs de la santé sont à risque.       

Au début, il y a eu quelques incidents qui nous ont inquiétés et ont exigé de nombreux appels, explique Nora. Cependant, en équipe, nous avons réussi à traiter toutes les données, à retracer tout le monde, mais surtout, à décharger les infirmières en santé au travail pour qu’elles puissent se concentrer de nouveau sur leurs tâches essentielles d’avant la COVID.  À l’arrivée des étudiants, plus d’un millier de messages s’étaient accumulés dans les boîtes vocales de la régie régionale. Il en reste combien? Aucun!  Nous sommes maintenant en mesure de répondre sans délai aux messages et de rassurer immédiatement les gens. 

Les données de la pandémie mondiale continuant d’évoluer de manière nouvelle et inattendue, quelle importance pourrait avoir ce genre d’initiatives dans l’avenir? Zach s’empresse de souligner que nous avons beau parler de l’après-COVID, le fait est que “l’après” n’est pas pour demain, en tout cas pas partout ni pour tout le monde.  Cependant, l’expérience nous montre que, dans l’adversité, les gens sont capables de se mobiliser rapidement et de collaborer efficacement. C’est rassurant de savoir que nous pourrons réunir une équipe d’étudiants pour intervenir rapidement s’il fallait, un jour, faire face à une autre crise de cette envergure.