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MISE À JOUR SUR LA COVID-19 : Des étudiantes de l’École de médecine du Nord de l’Ontario à la rescousse de leur région

Alors que Sarah Mavin s’apprêtait à reprendre ses études en médecine après son congé de maternité, le monde s’est subitement arrêté. La pandémie et ses répercussions ont suscité chez elle, comme chez bon nombre d’entre nous, beaucoup d’anxiété et d’inquiétude. Mariée à un professionnel de la santé travaillant en première ligne, ses études ainsi que son quotidien allaient être chamboulés. Sans surprise, l’aspect qui la préoccupait le plus était la pénurie d’équipement de protection individuelle (EPI), surtout dans sa région.

Beaucoup d’étudiants de partout au pays avaient déjà lancé des campagnes pour recueillir de l’EPI, mais ce n’était pas encore le cas pour ceux de l’École de médecine du Nord de l’Ontario. Ceux-ci souhaitaient coordonner leurs efforts avec les activités déjà entreprises par la communauté.Anchor Sarah a donc communiqué avec Alannah MacLean pour réfléchir à ce qu’elles pourraient faire. Même si elles ne s’étaient jamais rencontrées, elles se sont tout de suite bien entendues. « En quelques heures à peine, nous avions lancé la campagne », explique Sarah. « Nous avons évalué les besoins, créé un organigramme, préparé des formulaires de don; nous avons travaillé sans relâche pour mettre notre projet à exécution le plus rapidement possible. Cet incroyable sentiment de partenariat et de camaraderie m’a donné l’impression que notre initiative pourrait se concrétiser et faire pencher la balance. » De ce partenariat est née la campagne d’EPI de l’École de médecine du Nord de l’Ontario pour les professionnels de la santé.

« Contrairement à ce que d’autres ont fait ailleurs, nous devions commencer par évaluer les besoins », indique Alannah. « Notre démarche ne ciblait pas qu’une seule ville, mais plutôt 40 à 50 communautés du nord de l’Ontario. Nous avons divisé cette région en huit zones et formé des équipes qui les prendraient en charge. »

Leur programme étant basé sur une évaluation précise des besoins, il a pris forme rapidement. En effet, 80 pour cent des répondants avaient un besoin criant d’écrans faciaux. La fabrication, en plus de l’approvisionnement traditionnel au moyen de dons, semblait la solution indiquée. « Nous avions un objectif précis : donner un coup de pouce aux collectivités à court d’EPI en attendant que leurs fournisseurs habituels leur livrent leurs commandes. »

Le groupe s’est associé à d’autres étudiants en médecine, comme ceux de l’Université Queen’s, devenus depuis leurs mentors, qui avaient lancé le projet d’imprimer des visières en 3D. Après avoir mis sur pied une équipe de fabrication, par le biais du laboratoire de recherche de l’Université Lakehead, ils ont recruté des ingénieurs qui avaient des contacts pour l’utilisation d’ateliers de fabrication collectifs. « Nous n’avions aucune connaissance en impression 3D, mais nous savions que les besoins étaient réels. Alors, comment pouvions-nous nous y prendre? ». Rapidement, plus de cent bénévoles ont répondu à l’appel, et pas uniquement des étudiants en médecine, mais également de nombreux professionnels de la santé. « En temps de crise, beaucoup de gens souhaitent se rendre utiles, mais quand les initiatives sont nombreuses et éparpillées, il est très difficile de s’y retrouver. Si nous pouvions centraliser les activités, tout ce qu’il resterait à faire serait de trouver le moyen le plus pratique de distribuer l’équipement. »

Selon Alannah : « Nous avons réussi cet exploit uniquement parce que nous travaillions de la maison. Si j’avais travaillé dans une clinique, ce n’aurait pas été possible. En revanche, le fait d’étudier chez soi permet d’accomplir tout le travail supplémentaire qu’a engendré le projet ». Quoi qu’il en soit, après plus d’un mois consacré à cette initiative, il est temps pour les étudiantes de rattraper leurs cours. « Je dois mettre les bouchées doubles, et c’est un peu stressant. »

Jongler avec ses études et ses obligations communautaires est un aspect important de la profession de médecin. Alannah et Sarah sont d’avis que l’expérience en a plus que valu la peine. Ce fut une leçon d’humilité. « Nous avons notamment appris que les initiatives populaires peuvent faire bouger les choses très rapidement, mais ce n’est pas simple, car il faut tout apprendre. Heureusement, nous pouvons compter l’une sur l’autre. Nous pouvons faire face à l’incertitude ensemble et en discuter afin de continuer à faire avancer les choses. Nous n’avons pas le choix; nous avons à peine gratté la surface. La demande dépasse l’offre. »

Il y a beaucoup de façon de participer à cette initiative :

Si vous travaillez pour un établissement de soins de santé du nord de l’Ontario qui manque d’équipement, vous pouvez faire part de vos besoins en remplissant ce formulaire, qui contient également des directives sur la façon de s’inscrire pour obtenir gratuitement des écrans faciaux et des « protège-oreilles ».