Histoire de soccer, de médecine, de famille

October 18, 2018 Dr Romith Naug

Cet article a originalement été rédigé en anglais; son contenu et ses nuances pourraient ne pas être rendus parfaitement par la traduction

Sur les hasards de la vie qui font de vous un meilleur médecin et une meilleure personne

Mon père possédait cette étrange facilité à tisser des liens avec les gens. Je n’avais que quinze ans lorsqu’il est décédé subitement. Malgré mon jeune âge, je tenais à rendre hommage à sa générosité et à son humanisme. J’ai décidé que faire carrière en médecine était le meilleur moyen d’y arriver.

Je me suis donc engagé dans un long périple : formation pré-médicale à l’Université d’Ottawa, études en médecine dans les Caraïbes et finalement, résidence auMichigan.Pendant toutes ces années, j’ai toujours trouvé le temps de jouer au soccer. Ce sport a toujours fait partie de ma vie, jusque dans les moments les plus inattendus. Au début de mon adolescence, je jouais dans une ligue compétitive et mon père assistait à tous mes matchs. Nous passions aussi beaucoup de temps ensemble à regarder les matchs du championnat de l’UEFA, de l’Euro, de la Coupe du monde, etc.Lorsque j’ai été admis en médecine, je savais que la tâche serait écrasante et je me suis demandé si j’arriverais encore à jouer régulièrement ou si mon sport ferait partie des choses que je devrais abandonner.

Un entraînement dans nos chandails fournis par Gestion financière MD

J’ignorais complètement l’existence du championnat mondial de soccer pour les médecins jusqu’à ce que je fasse la rencontre d’Andrew Prout, capitaine actuel de l’équipe canadienne et médecin de famille à Stratford en Ontario.Nous nous étions connus dans les Caraïbes à l’occasion d’un tournoi intersession au cours duquel nous jouions l’un contre l’autre. Ce n’est que quelques années plus tard, après mon retour au Canada, qu’il a communiqué avec moi.« Que dirais-tu de jouer au soccer au niveau international avec une équipe où tu aurais la possibilité de représenter ton pays? » m’a-t-il demandé.« Pourquoi ne pas t’essayer? Je pense que tu t’intégrerais très bien à l’équipe. »

Je n’en croyais pas mes oreilles.L’offre semblait trop belle pour être vraie.Cette possibilité de combiner soccer et médecine, mes deux passions, était tout simplement irréelle. L’expérience a été encore plus incroyable que je l’imaginais.

Je sais la quantité d’efforts et l’engagement qu’il faut pour devenir médecin. Les études en médecine laissent peu de place aux activités parascolaires et exigent d’énormes sacrifices. Au départ, je croyais donc avoir affaire à un groupe de médecins souhaitant s’échanger amicalement le ballon. À mon premier championnat à Leogang en Autriche, j’ai rapidement déchanté. Dès notre premier match contre la Suède, nous avons été opposés à un joueur qui avait déjà joué pour la véritable Coupe du monde. Il a marqué cinq buts contre nous! J’ai alors compris que ces matchs n’avaient rien de comparable à ceux d’une ligue récréative. Il était question de véritable soccer, avec de véritables artistes du ballon (qui incidemment étaient aussi médecins).

Je garde un souvenir impérissable de la cérémonie ayant précédé ce premier match contre la Suède et des joueurs de notre équipe alignés debout pendant l’hymne national. L’expérience est difficile à décrire. La fierté que j’ai ressentie de jouer pour mon pays et la présence de ma mère dans les gradins, comme à l’époque de mon père, ont fait de ce moment l’un des plus émouvants de ma vie. J’ai été très touché de pouvoir vivre ce moment.

L’appartenance à cette équipe ne se limite pas à ce qui se passe sur le terrain. Les liens que j’ai tissés avec mes coéquipiers et avec d’autres médecins de partout dans le monde se sont avérés très précieux. Ils m’ont donné un point de vue unique sur la profession et sur les progrès (et les difficultés) de la médecine ailleurs dans le monde. Je me suis fait des amis pour la vie en plus d’enrichir mon réseau professionnel.

Une petite pause yoga au travail!

Pour être un bon médecin, il faut aussi être une personne équilibrée. Se maintenir en santé et en forme fait partie de cet équilibre. Si vous travaillez sans arrêt, vous n’aurez plus le temps de réfléchir et de vous adapter. Comme je le dis constamment à mes patients : santé mentale et santé physique vont de pair et il est important d’adopter des habitudes, des routines et des stratégies pour préserver un sain équilibre de vie. La méditation, le yoga et les étirements peuvent être utiles ou, comme dans mon cas, s’entraîner (et jouer) au soccer.Je sais que l’équipe sera de plus en plus compétitive au cours des prochaines années et mon objectif est de continuer à m’améliorer, moi aussi. Pour y arriver, je dois mettre en œuvre dès maintenant des stratégies pour maintenir un sain équilibre entre mon travail et mon sport.

Lorsque j’avais quinze ans et que je réfléchissais à mon avenir, jamais je n’aurais cru que la médecine et le soccer en feraient partie d’une façon aussi harmonieuse. Je me sens vraiment privilégié d’avoir su garder une place dans ma vie pour ces deux passions. Je suis intimement convaincu que cet équilibre fait de moi un meilleur médecin et, encore plus important, un meilleur être humain. Chacun des événements qui surviennent dans la vie d’une personne contribue à la construire, même si ce n’est pas toujours apparent sur-le-champ. Il faut tout simplement faire confiance au processus.

 

Le Dr Romith Naug pratique en milieu hospitalier à Massena, dans l’État de New York, et gère sa propre clinique à Brockville, en Ontario. Vous pourriez aussi le trouver dans la pose du corbeau entre deux patients!

 

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