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MISE À JOUR SUR LA COVID-19 : Les étudiants en médecine prennent les devants pour protéger les travailleurs de la santé

Alors que la pénurie d’équipement de protection individuelle (EPI) continue de faire la une des journaux dans le monde entier, une équipe d’étudiants en médecine de l’Université Queen’s a lancé une initiative visant à créer davantage d’EPI. Ce qui était au départ un programme local est devenu un vaste réseau regroupant des collaborateurs d’un océan à l’autre.

« Les étudiants en médecine ont été libérés de leurs responsabilités médicales afin de pouvoir apporter une aide directe », raconte Cesia Quintero qui en est à sa quatrième année de médecine à l’Université Queen’s. « Nous cherchons tous des moyens de leur venir en aide ». Cesia Quintero et ses camarades Megan Singh et Matthew Snow ont vu dans les journaux un article portant sur des visières produites avec des imprimantes 3D à London, en Ontario, et ils se sont demandé s’il était possible de faire quelque chose de similaire à Kingston pour aider les travailleurs de la santé de la région.

L’équipe d’étudiants a pu avoir accès au code source des modèles de masques et a communiqué avec un médecin de l’unité de soins intensifs désireux de tenter l’expérience avec eux, puis avec un technicien du laboratoire de simulation de la Faculté de médecine de l’Université Queen’s ayant une grande expérience en impression 3D. À partir de là, ils ont recruté une équipe d’ingénieurs de premier cycle pour fabriquer des prototypes afin de tester la protection contre les gouttelettes. Le service de contrôle des infections et de la santé au travail de l’Hôpital général de Kingston a examiné les modèles et a immédiatement commandé 500 masques et 100 visières, puis a placé des commandes supplémentaires de 300 masques et 100 visières pour chaque semaine à venir. Depuis, ils ont été inondés de demandes émanant de cliniques et d’hôpitaux de la région de Kingston. Quatre cliniques de la région de Kingston ont déjà commencé à utiliser les visières de l’équipe, puis d’autres laboratoires de simulation ont adopté  ses visières et ses masques. L’EPI ne sera utilisé qu’une fois approuvé par Santé Canada. « Nous avons été surpris par le véritable manque à combler ». En date du 7 avril, 2 500 articles ont été commandés, parmi lesquels 1 900 ont été imprimés et sont à différents stades d’assemblage et de livraison.

Afin de répondre à ce besoin, l’équipe a dû faire appel aux gens à l’extérieur du campus de l’Université Queen’s et même au-delà de la ville de Kingston. « Nous avons demandé l’aide de tous ceux qui avaient des imprimantes 3D et avons reçu des réponses de partout ». En plus des particuliers, la bibliothèque de Kingston, le Collège St. Lawrence et de nombreuses entreprises locales ont mis la main à la pâte et ont commencé à produire une grande quantité d’EPI qui sera distribué par l’équipe d’étudiants. « Actuellement, nous comptons 100 imprimantes et une équipe de 130 bénévoles qui aident à la livraison, au montage et à la collecte, et ce, en plus de notre équipe de base ».

La Dre Hailey Hobbs, intensiviste, est la chef clinique de l’équipe, tandis que Jeremy Babcock, technicien de SIM Lab, est devenu le responsable technique du projet. L’équipe s’est élargie et compte désormais Daisy Liu, Jessica Gahtan, Hannah Dies, Liane Bailey, Eva Bruketa, Kim Vella et Leah Allen.

Alors que le projet croît de façon exponentielle, les modèles de masques ont évolué, les processus ont été améliorés – il ne leur faut maintenant qu’une heure et demie à deux heures pour imprimer un masque – et une collaboration est en cours avec l’Hôpital général de Kingston pour concevoir des cagoules d’isolement pour les patients soupçonnés d’avoir la COVID-19 mais qui ne peuvent pas porter de masque. Les cagoules sont actuellement testées dans les unités de soins intensifs et pourraient bientôt être produites en grande quantité.

Bien que des initiatives d’impression en 3D similaires ont vu le jour dans le monde entier ces dernières semaines, l’équipe de l’Université Queen’s a eu la chance d’avoir l’idée très tôt, soit tout de suite après le confinement complet du Canada, ce qui lui a permis d’avoir une longueur d’avance en termes d’organisation et de former une équipe agile capable de mener à bien l’initiative rapidement et efficacement. Aujourd’hui, cette initiative est devenue un modèle pour d’autres programmes gérés par les étudiants; les différentes écoles s’adressent à cette équipe pour obtenir des conseils, et ce, de la Colombie-Britannique à Stanford, en Californie.

Pour cette équipe d’étudiants en médecine, il s’agit d’une expérience inopinée qui s’éloigne de la faculté et de la médecine pour se rapprocher du monde des affaires, des grandes entreprises et des industries manufacturières, mais qui leur permet de contribuer de manière significative à la lutte contre la pandémie mondiale. « L’avantage de travailler avec d’autres étudiants en médecine est que vous les connaissez assez bien, vous connaissez leurs talents, et vous savez que tous sont extrêmement motivés et ont une éthique de travail remarquable. Ils veulent aller sur le terrain et aider, et ils le feront du mieux possible ». Les journées sont souvent très longues, ils travaillent les fins de semaine, mais pour Cesia Quintero et son équipe, cela en vaut largement la peine. « C’est rassurant de savoir que ces personnes extraordinaires sont mes futurs collègues et que je pourrai travailler avec elles ».

Vous pouvez soutenir cette initiative visant à assurer la sécurité des travailleurs de la santé en faisant un don directement sur leur page GoFundMe. Ou si vous pensez pouvoir apporter votre aide de toute autre manière, contactez directement l’équipe.